Le mirage des promesses
Joe
Acoury
20/03/2014
Mon
OLJ
Tout
le gratin du monde politique promet
inlassablement au tiers bouillonnant,
aux familles, aux communautés,
à la population de nombre de pays et à la civilisation en déclin du globe,
des architectures de paix et de prospérité.
Beaucoup de projections rêvées dans
notre « ordre » mondial reflètent les aspirations
des peuples. La décomposition
dramatique de la perception humaine
des individus et de leurs identités a transformé les
injustices flagrantes émanant
des conflits en des incohérences
« acceptables ». Ainsi, on
arrive difficilement, au sein
de la communauté internationale,
à faire mieux qu'adopter
des statures de puissants chefs d'État,
confirmer l'existence des conflits
armés, compter les morts, secourir bien tard les plus démunis, les blessés, les handicapés et conditionner tout soutien vital aux intérêts stratégiques de pays de la région
aux visées hégémoniques. On
parlera auparavant, et jusqu'à l'avènement de Genève 2,
de « contextes », de « souffrances
d'un peuple », d'une problématique de la représentation
et d'une nouvelle dynamique
de démocratisation. On ne négligera
pas néanmoins le contenu essentiel qui entraîne des
intentions, des conditions proposées et des accords envisagés : celui des dramatiques réalités inhumaines sur le terrain. Elles sont la raison de ces rencontres au plus haut niveau. Les combats acharnés, les
tueries et les drames traduisent des oppositions. Va-t-on
dès lors mobiliser une volonté
commune sur la table de négociations
pour un cessez-le-feu ? Va-t-on donner la priorité à l'arrêt des souffrances ? Cela ne demande qu'un langage
de bon sens et un comportement
qui réponde aux besoins immédiats.
Il
est inexplicable et aucunement
justifiable qu'un conflit d'une telle ampleur
en Syrie ait été politisé au point d'ignorer l'attente de tout un peuple déchiré par le désespoir le plus amer. Il est tout autant inacceptable de céder devant l'acharnement
de certains à faire perdurer
les guerres provoquant
encore plus de victimes innocentes.
De quelles négociations s'agit-il quand agir n'est le synonyme
que de discuter ? Qui pourrait-t-on encore convaincre que, face aux massacres en Syrie,
aux graves débordements au Liban
et à la lutte contre le fanatisme extrémiste, il y a une communauté
internationale qui se respecte,
engagée comme un seul homme dans
la défense des valeurs humaines ?
Aux
patrons du monde libre, prière
de ne plus prendre les peuples
de la région pour des pions
de vos échiquiers. En perdant votre crédibilité
de décideurs justes, vous pourriez également
dilapider ce qui reste de vos moyens
pour la préservation sincère
de la paix dans le monde. Quand, au XXIe siècle, des squelettes à peine survivants ne parviennent plus à toucher vos cœurs,
comprenez alors que toute parole qui n'est pas suivie d'acte demeure un mensonge de plus sur la longue liste des promesses non tenues.