Inégalités
Par Paul Quinio
A l’heure
où Haïti compte ses
morts, par milliers, recense ses dizaines
de milliers de blessés, de sinistrés, de sans-abri, la communauté internationale se mobilise. La catastrophe est exceptionnelle, les réactions de solidarité sont exceptionnelles. Et c’est heureux.
Les Etats-Unis, tout proches,
sont en première ligne, avec
des militaires en nombre
pour sécuriser Port-au-Prince et
son aéroport, un porte-avions
et des bâtiments équipés de
précieuses infrastructures médicales.
Navires, avions, équipes de recherche, matériel, en Europe comme en Asie, en Océanie comme en Afrique, la mobilisation pour fournir aux Haïtiens l’aide d’urgence dont ils ont besoin
est générale. Les
institutions financières et
les Etats alignent des
millions de dollars, suggèrent d’annuler
la dette d’un pays parmi
les plus pauvres de la planète.
Là encore,
tant mieux. L’expérience, et notamment celle du tsunami qui avait ravagé l’Indonésie en 2004, autorise néanmoins une question : celle
du passage des promesses aux actes.
Après l’urgence, Haïti aura
besoin d’aide à long terme. Il y aura aussi - bientôt peut-être, un jour en tout cas -,
dans d’autres pays pauvres, d’autres catastrophes naturelles. Leurs effets dévastateurs pourraient être atténués par une mobilisation générale des mêmes grandes puissances
en faveur d’une véritable nouvelle donne
politique et économique
pour combattre le sous-développement,
première des inégalités face aux colères
terrestres.