By François Sergent
27 septembre
2008
Dans un article très lucide du New York Times , Roger
Cohen s’interroge sur l’exceptionnalisme américain. Cette idée messianique, si énervante vue
de l’étranger, selon laquelle les Etats-Unis sont au-dessus des nations, un phare sur
la colline, un modèle pour
le monde. Différents du reste du monde développé,
à voir leurs positions sur les armes, la religion, la peine de mort ou, aujourd’hui, le marché
tout-puissant.
John McCain, au patronyme de personnage de
western, incarne cet exceptionnalisme qui plaît tant aux républicains et, si l’on en croit les sondages, à encore la moitié de l’Amérique. Sarah Palin, avec son ignorance crasse et revendiquée,
représente la version extrême
de cette Amérique autiste. Sans passeport et seule au monde. Sur les marchés mondiaux et dans le monde de l’économie réelle, on mesure aujourd’hui les conséquences de cette hégémonie sans repères et de cette idéologie sans conteste.
Il reste à Obama à donner une nouvelle image et une nouvelle direction à son pays en crise.
Le jeune sénateur, à la différence de McCain, a toujours mis l’économie au centre de sa très
longue campagne et n’a jamais renié le rôle de l’Etat. Il a tout de suite mesuré la gravité de la crise financière. Il a su éviter, ces
derniers jours, les coups
et bizarreries de son rival, prêt à saborder le plan Paulson pour des avantages
politiciens.
McCain voulait
que les électeurs se déterminent sur le caractère et la personne des candidats. Entre
Palin et sa propre réaction à la crise de Wall Street, ils peuvent maintenant juger.