Laurent Wauquiez: "Notre avenir se joue en partie à Denver"
Par Thierry Dupont, mis à jour le 27/08/2008
à 10:10 - publié le 27/08/2008
Le secrétaire
d'Etat à l'emploi Laurent Wauquiez fait partie des personnalités politiques françaises qui ont fait le déplacement à la convention de Denver pour assister à l'investiture de Barack Obama comme
candidat démocrate à la prochaine présidentielle. Attiré tant par la personnalité du sénateur noir que par le savoir-faire américain
dans l'organisation de telles grand-messes, il nous livre ses impressions et ses attentes.
C'est votre première convention américaine?
Oui, c'est la première fois que j'assiste
à ce type d'évènement. Je suis ici pour au moins deux aspects. Le premier est qu'une partie
importante se joue aujourd'hui dans l'élection à venir, avec deux chemins différents
pour les Etats-Unis. Lorsque
je vois un candidat très en pointe sur les questions environnementales,
sur la défense des classes moyennes, sur la responsabilité internationale des
Etats-Unis, ça m'intéresse. Notre avenir se joue aussi en partie
à cette convention.
L'autre aspect, c'est l'organisation même d'un tel évènement, avec une très forte implication de la société civile. Toute la ville est investie par les associations qui organisent une multitude de forums sur des sujets qui vont de la défense de l'environnement à la lutte contre le diabète. Il y a des idées à prendre dans la façon dont les Américains parviennent à fédérer cette mobilisation
tous azimuts. Chez nous, on
ne sait pas mettre sur pied ce genre de grand événements, nos universités d'été ou nos meetings sont encore trop guindés.
Pourquoi avoir choisi
la convention démocrate?
A titre
personnel, je me sens plus proche
de la figure d'Obama que de
celle de John McCain. Il est
toutefois difficile de calquer les schémas politiques américains sur ceux de la France, qui peuvent parfois paraître archaïques. Obama serait considéré par nombre de socialistes français comme un dangereux ultra-libéral. Pour les
démocrates américains, c'est une évidence
qu'un système d'assurance maladie ou d'assurance chômage doit avoir
des contrôles pour empêcher
les abus. Une position
impossible à assumer pour nos socialistes...
Dans son discours
de lundi, Michelle Obama n'a
montré aucun problème à assumer qu'il faut donner aux gens le goût de l'effort.
Si Obama est
élu, cela changera-t-il les relations franco-américaines?
Cela permettrait de refonder nos rapports sur d'autres bases. Avec un partenaire comme lui, qui a une écoute attentive de ses interlocuteurs, il serait possible de poser les bases d'une
confiance qui n'exclut pas
les désaccords.