Tel-Aviv-Washington en parfaite coordination
par Kharroubi Habib
Depuis mercredi, l'aviation israélienne effectue raid après raid au dessus
de la bande de Gaza. Ce ne sont plus «des frappes ciblées» mais des opérations visant à faire le maximum de victimes dans un population qui a été déclarée »entité hostile» et à laquelle s'applique
donc le principe de
«sanction collective».
En quelques
jours, ils
sont une centaine d'hommes, de femmes et d'enfants palestiniens à avoir péri
dans ce déluge
de feu. Le pire
reste, hélas, encore à venir pour la population gazaouie car le gouvernement israélien prépare une grande opération
contre son territoire. Et c'est celle-ci que les raids aériens sont en train de préparer, avec
pour objectif de « casser »
le moral et les capacités d'une
résistance populaire dans
la bande de Gaza.
Il ne faut
pas voir dans l'agression qui a cours contre Gaza la réplique aux tirs de roquettes lancées à partir
de ce territoire sur le village israélien de Sdérot. Elle est,
de notre point de vue, le prélude au déclenchement d'une opération plus vaste envisagée conjointement par Israël et les Etats-Unis en vue de reconfigurer le rapport de force au Proche-Orient,
de telle sorte qu'il leur permette
de réaliser leur dessein politique dans la région.
Ce n'est pas du tout fortuit que les Etats-Unis aient fait l'annonce de la présence d'un de leurs navires de guerre, le «USS Cole», près
des côtes libanaises, au
moment où Israël a lancé ses raids aériens sur Gaza et prévenu qu'il s'apprête
à engager une action terrestre dans cette bande.
Les deux
faits sont, à notre sens,
liés et découlent d'un programme concerté par lequel Tel-Aviv et Washington vont
tenter de «solder» leur comptes avec l'ensemble de leurs ennemis dans
la région, au premier rang desquels
sont évidemment le Hamas palestinien qui contrôle la bande de Gaza et le Hezbollah libanais
qui contrecarre leur mainmise sur le pays du cèdre.
Tout donne
à penser qu'Israël et les Etats-Unis sont en train de créer les
conditions d'une nouvelle guerre dans
la région, à l'issue de laquelle ils instaureront enfin la «paix» à leurs conditions. Même si elles ne
le proclament pas ouvertement,
des forces arabes dans la région poussent à l'exécution du
plan israélo-américain. Y compris l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas qui compte
dans la foulée récupérer le contrôle de la bande de Gaza.
L'indifférence criminelle affichée par la communauté internationale et ses institutions quant à la
«punition collective» qui est infligée
à la population de Gaza laisse
malheureusement présager qu'elles ont choisi
de laisser faire. Tout comme
elles ont fermé les yeux sur l'agression israélienne au Liban et sur la continuité
de la colonisation sioniste
dans les territoires palestiniens. Ceci en invoquant la fiction du combat, ici, contre le terrorisme international, et là, celle d'accords de paix auxquels les Palestiniens n'ont pas apporté les garanties nécessaires.
L'embrasement du Proche-Orient
pourrait être l'ultime «cadeau» que George W. Bush ait décidé d'offrir au monde avant son départ de la Maison-Blanche.