Dangereuse Amérique
15/10/08
près huit ans
de présidence de George Bush, alors
que leur crédit dans le monde est affaibli et que la débâcle de leur système bancaire
risque de plonger une grande partie
de la planète dans la crise, le choix que les Américains vont faire, le 4 novembre, à l'élection présidentielle a une importance particulière.
La bonne
nouvelle a été la sélection
des candidats, qui a abouti
à la désignation de personnalités
remarquables par leur
intelligence, leur force de caractère,
leur indépendance d'esprit. Du côté républicain, John McCain s'est affirmé, au long de sa carrière sénatoriale et dans ses démêlés
avec M. Bush, comme un réformateur,
capable de s'allier avec des élus
de l'autre bord pour corriger certains défauts du système. Nationaliste et conservateur, certes,
il défend aussi les principes de liberté et de moralité qui fondent la communauté américaine et occidentale.
Chez les démocrates,
Barack Obama s'est imposé comme le candidat d'une génération et d'une ère nouvelles,
en phase avec la mondialisation qui traverse, bouscule et dynamise l'Amérique comme le reste du monde. Ce candidat métis, c'est-à-dire noir dans la
perception américaine, propose de dépasser
les clivages hérités de l'esclavage des origines et de la
ségrégation qui a perduré jusque dans les années 1960.
La mauvaise
nouvelle est que la couleur de la peau de M. Obama
tend à devenir pour les républicains,
désarmés par l'impopularité
de M. Bush et par le marasme financier, le seul argument qu'ils opposent au candidat démocrate. Celui-ci est attaqué non seulement parce que noir, mais parce que son père
était kényan, parce qu'il a vécu
en Indonésie, parce que son "middle name", hérité
de sa grande-mère paternelle, est Hussein.
Des choix
de M. Obama dans le domaine
de l'énergie ou de ses propositions fiscales, les républicains parlent peu. Ils tolèrent
et, souvent, encouragent la
calomnie raciste, le mensonge xénophobe, les rumeurs venimeuses dont vit l'extrême
droite bigote et "suprématiste". Si M. McCain l'emporte
dans ces conditions, la
violence menacera l'Amérique.
Si M. Obama est élu contre ce regain de haine, l'espoir l'emportera, mais la crainte ne cessera de rôder.