Chine: la mauvaise
réputation
Par
Pierre Rousselin
14 janvier
2010
La République
populaire de Chine devrait
faire attention: son image dans le monde occidental est en train d'en
prendre un coup. L'affaire
Google, qui se bat contre la censure de Pékin, est
le dernier épisode d'une série d'événements qui donnent à ce grand pays, aux réalisations remarquables, une mauvaise réputation.
La Chine a formidablement réussi à surpasser la crise économique mondiale. Elle est en train de s'imposer sur la scène internationale comme la grande puissance de demain. Cela devrait forcer l'admiration de tous et être une
source de fierté pour les Chinois
eux-mêmes.
Malheureusement, son émergence s'accompagne d'une dégradation de son image dans le
monde. Les torts sont sans doute partagés et il
se peut que les inquiétudes qu'elle fait naitre conduisent à des attitudes
hostiles. Mais la Chine doit tenir
compte des réactions qu'elle suscite.
On comprend
que l'histoire ait appris aux Chinois à se rebiffer contre tout ce
qui ressemble à de l'ingérence
dans ses affaires. Taiwan, le
Tibet, le Xinjiang sont des questions sensibles. La polémique qui a précédé les Jeux Olympiques de 2008 pouvait s'expliquer en partie par la hantise chinoise d'un complot
occidental qui viserait à se saisir
de la question des droits de l'homme
pour gâcher la célébration
du renouveau de la Chine.
Depuis, la Chine a été reconnue au G20 comme un partenaire majeur.
A Copenhague, elle n'était pas le seul responsable de l'échec mais, après l'humiliation faite à Obama, c'est elle qui a été
montré du doigt. L'exécution, en décembre, d'un citoyen britannique, accusé de trafic de drogue mais à la santé mentale déficiente, a été
du plus mauvais effet.
Avec son ouverture au monde, la Chine dépend
aussi de l'extérieur. Si elle veut
éviter les réactions protectionnistes et désamorcer toute manifestation d'hostilité, il lui faut soigner
sa réputation.