Barack Obama à la peine
L'éditorial de Pierre Rousselin du 22 août
21/08/2008
À la veille
de la désignation de son colistier
et de la convention démocrate
qui s'ouvre lundi à Denver,
Barack Obama est sur la défensive. Les sondages montrent que le républicain John McCain a comblé
son retard et aborde la
phase décisive de la course à la Maison-Blanche
avec parfois même un léger avantage sur son adversaire.
La crise
internationale en Géorgie a rappelé aux Américains qu'ils devraient peut-être se choisir un président d'expérience, capable de réagir
avec fermeté et détermination
dans un univers où les intérêts des États-Unis sont de plus en plus souvent remis en cause. La tournée triomphale que Barack Obama avait accomplie en juillet a décuplé sa
popularité à l'étranger, mais elle n'a
eu aucun effet là où
cela compte, c'est-à-dire auprès des électeurs américains. Au
contraire, le côté rock star de sa virée en Europe a creusé la différence avec McCain.
Au démocrate les déclarations
creuses et pleines de bonnes intentions au service de sa
propre image ; au républicain les prises de
position courageuses au service de l'intérêt national.
C'est du moins ainsi que les stratèges
de McCain ont réussi à définir le choix entre les deux hommes. La campagne républicaine a en effet accompli des progrès spectaculaires ces dernières semaines
en entrant dans une phase ultraoffensive. Le spot télévisé comparant Barack Obama à Britney Spears et
à Paris Hilton était un modèle
du genre et a placé le candidat
démocrate dans la catégorie des célébrités qui méritent le plus grand respect mais
auxquelles on ne confierait
pas forcément la Maison-Blanche.
Après avoir
longtemps hésité, John
McCain et ses conseillers ont compris qu'ils
n'empêcheraient pas cette élection de prendre la tournure d'un référendum sur la personnalité d'Obama et qu'ils avaient, finalement, tout intérêt à jouer cette carte-là, à condition de la
jouer à fond.
La convention de Denver sera donc plus déterminante encore que ne le sont généralement ces grandes célébrations d'autosatisfaction partisane. Le succès ou l'échec
dépendra de trois questions : Obama parviendra-t-il
à transformer son personnage pour le rendre plus présidentiel ? Donnera-t-il enfin de la
substance à son slogan du «changement» ? Réussira-t-il, surtout, à imposer les termes du débat pour le reste de la campagne et les trois duels télévisés avec McCain ?
Auparavant, le candidat démocrate à la vice-présidence
aura été choisi. En
attendant de connaître la décision
d'Obama, on peut se
demander pourquoi il a attendu la dernière minute, laissant le
champ libre à son rival avant
les conventions. Peut-être nous prépare-t-il
une surprise de nature à électrifier
Denver ?
Les derniers
sondages montrent que l'élection est loin d'être décidée.
Malgré la couverture favorable dont il
a bénéficié, Barack Obama n'a
pas creusé l'écart. Une fois de plus, les analystes auront été détrompés. Malgré l'extrême impopularité de George W. Bush et le mauvais
état de l'économie, John
McCain, qui fête la semaine prochaine
ses 72 ans,
sera un candidat républicain
très difficile à battre.
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