La gaffe monumentale des Etats-Unis au G8
Julie Connan
09/07/2008
Dans un dossier de presse de la Maison-Blanche, Silvio Berlusconi est décrit comme «un dilettante en politique qui ne doit ses hautes
fonctions qu'à son
influence considérable sur
les médias». Malaise.
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Si George W. Bush comptait sur le dernier G8 de son
mandat pour doper sa popularité sur la scène internationale, c'est raté. A en croire le quotidien italien, Corriere della
Serra, le président américain
a frôlé l'incident diplomatique avec l'Italie.
Dans une biographie
de Silvio Berlusconi distribuée
par la Maison-Blanche aux journalistes
accompagnant le président américain dans Air Force One, on pouvait lire un portrait peu conventionnel du Cavaliere : «Le
chef du gouvernement italien
est l'un des dirigeants les plus controversés dans l'histoire d'un pays connu pour la corruption et les malversations
de son gouvernement».
Lors des déplacements de Bush à l'étranger, la Maison-Blanche distribue en général des dossiers
de presse incluant le programme du déplacement, des renseignements sur les lieux que le président
doit visiter et les personnalités qu'il doit rencontrer.
Des «termes
insultants»
Berlusconi, poursuit le texte de 4 pages, est «considéré par beaucoup comme un dilettante en politique
qui ne doit ses hautes fonctions
qu'à son influence considérable
sur les médias nationaux [...], haï par beaucoup
mais respecté de tous pour sa bella
figura et sa volonté, Berlusconi a su grâce à son sens des affaires et
à son influence bâtir un empire personnel dont est né
le gouvernement italien qui
a duré le plus longtemps et
qui lui a valu sa position de première fortune du pays».
Dans la soirée, le porte-parole
de la Maison-Blanche a publié
un communiqué d'excuses. «Une biographie du premier ministre italien Berlusconi intégrée dans le dossier de presse employait des termes insultants à la fois pour le premier ministre
Berlusconi et pour le peuple italien»,
a déclaré Tony Fratto. La Maison-Blanche aurait pris la biographie de Berlusconi
de l'Encyclopédie mondiale
des biographies.
«Les points
de vue exprimés dans la biographie ne représentent pas ceux du président Bush, du gouvernement américain ou du peuple américain»,
a-t-il ajouté. «Nous présentons
nos excuses à l'Italie et
au premier ministre pour cette
très malencontreuse erreur.»
Silvio Berlusconi, invité par le
leader américain dans son
ranch du Texas en 2003, a accepté
ces excuses. Et a affirmé qu'en accordant de l'importance à cette affaire, «l'Italie s'autoflagellait et se montrait sous un mauvais jour».