Bush en tournée pour rien

 

La chronique de Gilles DELAFON

 

Dimanche 06 Janvier 2008

 

Qu'il paraît loin le temps George W. Bush et ses néoconservateurs promettaient, avec une belle assurance, de redessiner un Proche-Orient plus démocratique. L'ultime tournée que le président américain entamera cette semaine dans cette région donnera surtout la mesure de l'échec de sa politique étrangère.

 

Pour preuve, lorsqu'il s'envolera mardi pour Israël et la Palestine, ses interlocuteurs arabes et israéliens auront les yeux rivés sur les télévisions retransmettant la primaire du New Hampshire. Pour savoir de quelle façon les Etats-Unis entendent tourner la page. En élisant à leur tête une femme ou un Noir; un pasteur baptiste ou un gouverneur mormon.

 

La Maison-Blanche ne s'en cache d'ailleurs même pas, il n'y a pas grand-chose à attendre de cette visite. Pas d'annonce majeure. Pas de rencontre trilatérale avec Israéliens et Palestiniens. Egal à lui-même, George W. Bush a pourtant affirmé vendredi que le conflit israélo-palestinien serait réglé en 2008. Sans dire évidemment comment.

 

On est dans l'habillage. Le président américain ânonnera donc quelques voeux pieux, de paix et de sécurité, sermonnera sans doute la Syrie, et mettra en garde contre l'Iran. Fermez le ban. Ses hôtes acquiesceront poliment, en attendant le prochain président.

 

Jamais sans doute un dirigeant américain sortant n'aura été à ce point prié de ne rien faire. Plombés par ses erreurs, les républicains l'ont supplié de ne prendre aucune nouvelle initiative diplomatique. Mieux, le pasteur baptiste Mike Huckabee, vainqueur surprise, cette semaine, de la primaire républicaine de l'Iowa, fait notamment campagne en dénonçant sa politique étrangère "arrogante". Certes, les présidents sortants sont traditionnellement condamnés à l'immobilisme. Mais un Bill Clinton avait pu tenter jusqu'à la dernière minute de mettre d'accord Israéliens et Palestiniens, George Bush est prié de ne même pas essayer. Légitime rançon de ses échecs passés.